UA-30529965-1
La version de votre navigateur est obsolète. Nous vous recommandons vivement d'actualiser votre navigateur vers la dernière version.

SACD

 

Contactez-nous

Pôle Auteurs Utilisateurs
9 rue Ballu
75442 Paris cedex 09
01 40 23 44 55
spectaclevivant@sacd.fr

Horaires : 
9.30-17.30 du lundi au jeudi, 9.30-16.00 le vendredi.

 


Déjà jouée plus d'une vingtaine de fois. 

 

Premier casting.

 

Mon agent...

SACD

 

Contactez-nous

Pôle Auteurs Utilisateurs
9 rue Ballu
75442 Paris cedex 09
01 40 23 44 55
spectaclevivant@sacd.fr

Horaires : 
9.30-17.30 du lundi au jeudi, 9.30-16.00 le vendredi.


Maman, ta violence a effacé mes... 

Tout ne peut se dire, tout ne peut s’écrire, les enfances gâchées sont des chefs d’œuvres, des passés repeints aux couleurs du désespoir. J’ai valsé avec la mort, avec l’angoisse, j’ai imaginé des royaumes dont j’aurais dû être le roi, mais contraint, je me suis con-tenté d’en être un simple vassal, condamné à être « moins », à être « Petit », à être « sombre ». J’ai parfois passé du temps à faire plus, à lire plus, à imaginer plus, à apprendre davantage, sans même comprendre que l’on me demandait moins, peu, si peu. Je me suis longtemps regardé avec les yeux de mes éducateurs. Merci à eux de m’avoir ainsi condamné, de m’avoir humilié, si mal entendu, grâce à eux, j’ai pu me hisser hors de l’ombre et courir vers la lumière, j’ai pu comprendre et pardonner. Même dans le pire, rien n’est jamais inutile. L’ennemi, qui a vécu hors de vous, se loge parfois dans le recoin de votre âme, encore faut-il y prêter garde pour qu’il ne surgisse pas une nouvelle fois, à travers vous. La répétition est un risque. Rien n’est grave pour la victime qui arrive à se hisser la tête hors de l’eau, jamais il ne vous tiendra rigueur de vos erreurs, si vous acceptez de reconnaître ce que vous lui avez fait endurer.

 

 

    Facebook love. (éditions Apopsix). 

   Je suis un de ces accrocs d’internet et le monde de mes amis est virtuel. Je restructure ainsi un univers affectif dont je me sens exclu. La société humaine avec ses conflits, ses guerres qui n’en finissent pas, ces enfants dont on abuse, ces femmes que l’on ne respecte plus m’impressionne, m’effraie même et je n’ai qu’une idée la fuir. 

 

Le passeur nous demande de nous baisser, de nous faire les plus humbles, les plus petits possible alors que nous voguons vers le large. Après quelques heures, un moteur remplace les rameurs. On m’a volé mes bouteilles d’eau… tout ce qui me restait, même mon portable a disparu. Les côtes tunisiennes se sont éloignées lentement, très lentement. Arrivés dans les eaux internationales, le passeur s’est réjoui ouvertement d’avoir réussi ce qu’il a qualifié de succès. J’ai fini par m’endormir et c’est le bruit d’un super tanker qui nous a frôlés sans nous voir, qui m’a réveillé. Je réalise qu’un grand noir dort, tête contre mon épaule, comme un enfant. Il y a des femmes et des bambins qui pleurent. J’ai soif, j’espère que ce sont ces femmes et ces enfants qui ont profité de mes bouteilles d’eau. Impossible de bouger, j’ai de la chance d’être au bord de ce que je n’ose appeler un bateau. D’où je suis, je plonge la main dans la Méditerranée. Je porte l’eau à la bouche, j’ai brusquement encore plus soif, mais je retente l’expérience et une irrépressible envie de vomir me saisit. Je me contrôle, j’inspire profondément, personne ne parle… certains d’entre nous, sont emmitouflés dans des couvertures… les enfants se sont calmés, c’est le silence. Quelqu’un allume une cigarette. Je ne vois que des casquettes sur ma droite et des visages fatigués. Je sens que la route vers l’Italie, vers Lampedusa est encore longue. Jamais, je ne me suis senti si seul ! Mon âme ressemble à cette embarcation, elle transporte mes idées, mes désirs, mes sentiments, ils sont trop nombreux, trop forts, trop denses pour qu’ils puissent avoir de la valeur. Je maudis ce monde fait d’oppositions, d’intégrismes, de racismes qui rend suspects ceux qui ne sont pas comme la majorité, ces hommes ou ces femmes qui ne supportent pas les pauvres, les affamés, les tristes, les autres quoi ! Ai-je le droit de me plaindre ! Je fuis l’amour, l’amour contraint, l’amour imposé au nom d’une religion… eux ils fuient vers ce qu’ils espèrent être la liberté. J’aimerais pouvoir leur donner ce qu’ils souhaitent, car je sais qu’ils possèdent tous, des richesses que je suis incapable de retrouver chez moi, des valeurs de partage, de solidarité, d’espoir et de famille. Profitant de nos instants de somnolence, le matin est arrivé, … Les heures s’écoulent et le soleil donne aux peaux les plus endurcies des aspects de pain trop grillé. Le soleil nous pilonne et lorsque je lève la tête, j’aperçois de longues spirales de lumières scintillantes qui éclatent et s’étirent entre notre embarcation et l’espace céleste. À bord, il y a de longues périodes de quiétude, où personne ne parle, puis sans raison tout le monde se met à bavarder. Parfois, certains n’en finissent pas d’échanger dans une langue que je ne saisis pas, les enfants hurlent jusqu’à ce que trop fatigués, ils se rendorment. Tout à coup, quelqu’un hurle en arabe, puis immédiatement en français et je comprends qu’un homme est tombé à la mer. Il aurait coulé.

 

 
SUBTILES CONFIDENCES SUR L'AMOUR.
 
 
Je vous propose les premières pages.
Face à la ferme, la statue de la Vierge Marie se dresse impassible. David se prend à imaginer ceux et celles qui depuis plus de vingt siècles ont déversé sur cette sainte représentation, leurs espoirs d’amour, de tolérance et de paix. Mère de Jésus, le fils de Dieu pour les uns, ou simple mère de Jésus, le Prophète pour d’autres. Symboliquement, La Vierge Marie concrétise un idéal de femme et de mère. En accrochant nos phantasmes, nos désirs, nos envies sur des symboles, nous leur donnons une dimension illimitée, une réalité qui nous nourrit au plus profond de nous-mêmes.
David poursuit son questionnement.
Et si Alina, la conférencière israélienne, n’était qu’un support de son idéal de femme ? Un portemanteau sur lequel, lui David, suspendrait ses visions les plus nobles de la femme… Il serait obligé d’admettre qu’Alina ne serait qu’un support, qu’Alina ne serait que le miroir d’une représentation » qui n’appartiendrait à personne d’autre qu’à lui-même ? Il serait obligé d’admettre que l’amour éprouvé, à travers l’écran, serait l’amour de cette idée, de cette vision, de ce fantasme. Finalement, de qui tombons-nous amoureux lorsque nous croisons l’être brusquement si précieux? Et si ce n’était encore que de nous-mêmes, et si ce n’était que de nos idéaux, de nos certitudes de croiser chez notre partenaire, l’être le plus parfait, celui qui nous ressemblerait enfin ?
Chapitre I
Depuis que j’ai quitté, Yvette, ma femme … pardon, depuis que je l’ai abandonnée… pour incompatibilité d’humeur… J’habite un petit appartement sans âme qui donne sur une courette sans vie. C’est l’ancienne ferme de mes grands-parents, réaménagée. Yvette sait où je suis, mais elle n’a jamais osé venir à ma rencontre. C’est là que j’écris mes romans, mes poèmes, mes idées… en un mot que je m’active le cerveau avec des théories égotistes dont le seul objectif et de me convaincre que je suis digne de la communauté des hommes. À deux pas, sur les ruines d’un prieuré, une Sainte Vierge se dresse au croisement du chemin de terre qui s’évade en direction de la Loire et croise la route qui s’enfonce entre des maisonnettes et autres fermes qui composent notre hameau. Cette statue, par ses formes et ses couleurs, séduit le faux athée que je suis, surtout depuis qu’elle a été rénovée. C’est là, qu’enfants, ma mère, dans ses moments de doute, nous amenait mes frères et mes sœurs, pour prier. Cette présence mariale me rassure, comme si cette sculpture d’une autre époque, et à travers elle, toutes les effigies de la Sainte Vierge, symbolisaient le cumul des espoirs d’amour désintéressé, de tolérance totale et d’infinie tendresse maternelle que l’humanité chrétienne a mis dans l’image positive de cette femme incomparable. Oui, c’est cela… l’amour parfait, l’amour intégral ! Lorsque je réfléchis aux émotions que la vierge m’inspire, j’ai l’impression enrichissante d’avoir eu une aventure amoureuse avec elle, et que je la connais de façon très concrète. C’est pour moi, l’image millénaire de notre femme moderne, de notre femme émancipée, de notre femme éduquée capable de faire jeu égal avec l’homme. Cela étant dit, pourquoi la religion s’est-elle limitée à faire de cette femme, comprenez de la mère de Jésus, une simple génitrice sans plus. Lorsque je suis en colère, je me dis que notre société sera et restera patriarcale, tant que les hommes n’auront pas compris que Dieu n’est pas de sexe masculin, qu’il est néanmoins, à la fois masculin et féminin et qu’il serait temps que nous disions : « Au nom de la mère, de la fille et du Saint-Esprit ainsi soit-il ! » Ou mieux encore : « Au nom du couple père /mère, du fils et de la fille, et de l’esprit saint », dont j’admets que lui puisse être sans sexe, puisque les esprits n’ont pas besoin de copuler pour se perpétuer. Hier, j’ai passé une partie de la journée à fouiller, ce que mes grands-parents appelaient la « vieille maison » et étrange coïncidence, j’ai découvert, entre deux lattes putrides d’un plancher branlant qui n’a conservé de plancher que le nom, une médaille de la vierge au dos de laquelle était inscrite « M.M », les initiales de ma grand-mère, Marie Milan. Synchronisation entre mes pensées du présent et le passé de ma famille, c’est ce que je me suis dit. Il y a des événements dans la vie qui semblent fortuits et qui pourtant doivent dépendre d’une volonté immanente dont nous ignorons tout. Cette découverte m’a occupé une partie de la journée. J’ai nettoyé, poli la médaille, qui avait dû coûter une fortune à l’époque où elle a été achetée. Elle pèse plus de douze grammes, ce qui, aujourd’hui, est devenu rare chez le bijoutier lambda, pour une médaille religieuse. La religion comme le reste doit pouvoir être consommée et remplacée à brève échéance. J’ai suspendu cette nouvelle relique, à la place d’un vieux pendentif sans intérêt que m’avait offert Yvette et que je portais autour du cou plus par habitude que pour répondre à une volonté esthétique. La présence de ce symbole marial, sur ma poitrine, me donne le sentiment d’être différent, d’être protégé… On a beau avoir de l’expérience, on a beau se croire athée, on n’en demeure pas moins superstitieux. Je suis allé sur la tombe de ma grand-mère. Elle est décédée alors que j’étais encore enfant. Le cimetière est à deux pas d’ici. Il y a des années que je n’y avais pas mis les pieds. La tombe n’a pas changé. Elle est recouverte de petits cailloux blancs que Pierre Milan, mon grand-père avait déposés lui-même. Mioche, je le suspectais de les avoir dérobés directement au Petit Poucet. Aujourd’hui, Pierre Milan est là et ses facéties me manquent. Je lis et relis la liste des noms gravés sur la pierre tombale, Alfred, un oncle mort à la naissance, ensuite il y a mes arrière-grands-parents… mes grands-parents. Je ferme les yeux et j’aperçois le sourire bienveillant de Marie qui frissonne comme une mauvaise image ORTF, au fond de mon esprit. Une femme, qui a donné la vie à sept enfants, dont le dernier est mort à la naissance, pour moi, est une sainte. Elle appartient à la dynamique merveilleusement rayonnante qui vient s’inscrire sous le chapitre « Vierge Marie ». Grand-Mère est reliée via mon imaginaire à ces femmes qui initialisent en moi, ce fantasme apaisant dont la statue située dans ma rue, est le symbole. Je me projette quarante-cinq en arrière. Naïvement, je lui fais le serment d’aller prier pour elle, sur la tombe de la Sainte-Verge, que j’ai découverte lors d’un de mes voyages touristiques en Turquie, sans l’avoir le moins du monde prémédité. Cette promesse donne du crédit à mes élucubrations du moment, et ma promesse me semble le seul moyen pour consolider le lien fantasmé entre Marie Milan et Sainte-Marie. Des oiseaux sans couleurs se sont envolés et je les soupçonne d’avoir entendu mes pensées…ou de les avoir emportées à jamais avec eux, car une fois sorti du cimetière, mon engagement n’a pas plus d’intérêt que les gravillons que j’écrase sur le bord de la route.
Chapitre II.
L’été refuse de mourir et de laisser sa place à l’automne. Ce matin, sans prêter une réelle attention à Europe 1 qui hurle dans ma cuisine, je petit-déjeune sur mon balcon. Réchauffement planétaire, le monde s’en moque ! Mon ordinateur est sur ma droite, un grand bol de café trop chaud refroidit entre une miche de pain achetée la veille, un beurrier en verre, hérité de ma grand-mère, justement. La brise rapporte des odeurs de paille et de foins séchant sur les sols battus des fermes des environs. Quelques rayons solaires finissent par faire éclater les dernières résistances de l’ombre et de la fraîcheur matutinale avant de venir s’étaler sur mon repas. Je parcours la presse locale. Le dernier sous-marin nucléaire lanceur d’engins partira dans les jours à venir, pour sa première mission. Je souris en me remémorant le temps de mon service militaire comme matelot breveté secrétaire, à l’état-major à Brest. J’aurais été incapable de partir en plongée dans un de ces engins capables de se tapir sur les fonds marins des mois durant. Cette perspective de redevenir en quelque sorte, un nourrisson partageant un espace restreint avec d’autres mariniers, m’effrayait, comme si l’on avait demandé de refaire à l’envers, le chemin vers le sein maternel et d’accepter d’y revivre le temps d’une nouvelle gestation. Je tourne les pages du journal. Une femme est morte sous la violence d’un homme dont elle était tombée amoureuse, via Internet. La télévision en a parlé hier soir et la radio ne cesse d’en répéter l’info. Les médias se déchaînent et accusent Facebook d’être le lieu de tous les excès et de toutes les débauches. Un léger froissement, et j’ai replié les pages du canard … Je rentre chez moi, et arrête la radio. - Assez ! Protesté-je en lançant « Imagine » de John Lennon sur mon lecteur de DVD. Je regagne ma place sur le balcon. Ici, c’est le calme général. Seul un avion laboure bruyamment le ciel en oubliant derrière lui un long panache de fumée blanche. Il y a bien longtemps que les enfants des couples, qui vivaient dans notre village, l’ont déserté pour aller se réfugier à la ville. Les fermes se sont vidées et, nostalgique de mon enfance, je me souviens de ces rencontres familiales, avec oncles, tantes et cousins qui se tenaient dans le hangar, là, derrière. Hier, j’ai erré dans les bâtiments, le poulailler est vide, il n’y a même plus les leurres que par jeu, je reportais à ma grand-mère. Le hangar garde encore des traces d’une activité lointaines, un vélo au cadre rouillé, aux pneus entourés de bandages, est resté suspendu au mur… Ici, mes souvenirs sont creux. Deux femmes, la mère et sa fille, occupent la ferme voisine, jamais, je ne leur ai adressé la parole et je parie que, jamais nous n’échangerons un mot, elles et moi. La fenêtre de mon bureau donne directement sur la chambre de la jeune femme. Ces voisines ne m’intéressent pas et je ne les intéresse pas. Je suis seul, ravi de l’être… la société m’ennuie, la société m’agace avec son arrogance et son désir permanent de tout décider à la place des citoyens qui la composent. Les politicards m’ennuient avec leurs idées toutes faites, leurs formatages d’énarques, leurs solutions qui oublient la paix et l’amour. Étrange monde, sans espoir social et sans repères logiques ! S’il fut un temps où l’espoir et les repères semblaient avoir été abandonnés à nos parents, voire grands-parents, aujourd’hui ce n’est plus le cas. Nous préférons vivre entre la télévision et nos ordinateurs.
 

 

Claire le Malheur te va si bien. 

 

 

Pour en savoir plus, je vous recommande l'article de Sylvie Chastain 

 

J'ai demandé à Patrick Durand Peyrole, éditeur talentueux de me restituer mes droits éditoriaux sur ce texte au profit d'un spécialiste du théâtre. 

 Autre Agent artistique...



Politique d'utilisation des cookies

Ce site utilise des cookies pour stocker des informations sur votre ordinateur.

Acceptez-vous l'utilisation des cookies ?